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-PROJET CŒUR DE FORÊT PEROU-

Reforestation ethnobotanique et commerce équitable

 

Localisation : Province Coronel Portillo, département Ucayali, Amazonie péruvienne

Chronologie : Le projet s’est inscrit sur un cycle de 3 ans, de 2008 à 2010 compris et s’engage en 2011 sur un nouveau cycle de 3 ans

Bénéficiaires : 3 communautés indiennes shipibos – San Francisco/ Puerto Firmeza/ Santa Rosa de Dinamarca

Problématique : Les indiens shipibos n’ont pas d’opportunités économiques suffisantes pour se développer et leur culture millénaire est menacée par une accélération de l’exploitation humaine et environnementale dans la région

Objectifs du 1er cycle : Plantation de 20 000 arbres et mise en place de filières de commerce équitable avec les produits issus de ces plantations

Objectifs du 2nd cycle : Poursuite du programme de plantation d’arbres avec un objectif de 50 000 arbres, création d’un jardin botanique, développement d’un projet d’éco tourisme avec création d’une gamme de produits commercialisés par les familles auprès des touristes (huiles de massages, parfums, lotions, etc) et équipement du centre de formation Cœur de Forêt Pérou Airatesh (informatique, équipement pour le labo, etc)

Résultat escompté : Réhabilitation des milieux dégradés, restauration de la biodiversité utilisée par les Shipibos pour leurs besoins vitaux et mise en place d’un système d’exploitation durable des ressources naturelles forestières avec valorisation de la pharmacopée traditionnelle

Centre de formation Coeur de Forêt Airatesh Inauguration du centre de formation Coeur de Forêt Airatesh

Contexte :

L’Amazonie est un bassin d’une richesse inouïe. Il est possible de recenser dans 1 km2 autant d’espèces que dans toute l’Europe. Cela place le Pérou parmi les pays les plus riches en biodiversité. De plus, l’Amazonie fonctionne comme un puits à carbone et un régulateur du climat mondial.

Le projet Cœur de Forêt Pérou a lieu dans la région d’Ucayali, frontalière du Brésil.

 

Les indiens shipibos, au nombre de 40 000 peuplent cette région. Ils vivent de la cueillette, de l’agriculture, de la pêche, de la chasse et de l’artisanat. Leur identité se fonde sur leur médecine, la connaissance des plantes, le savoir-faire artisanal, leurs légendes, mythes et histoires de leur peuple, les chants, la musique, la peinture et les danses traditionnelles. Les tradipraticiens shipibos détiennent une connaissance très aboutie des potentialités de leur environnement forestier. Au cours de leur histoire millénaire, ils ont réalisé un inventaire exhaustif des plantes médicinales de leur environnement. Cette classification se fonde sur des caractéristiques différentes de la classification scientifique occidentale. Chaque plante a un esprit avec une propriété curative, somatique et psychique.

 

Il y a 30 ans, une route reliant Lima à Pucallpa s’est créée accélérant l’exploitation humaine et environnementale (déforestation, monoculture, culture sur brûlis, immigration, braconnage, etc.) L’écosystème est très affecté et sa dégradation contribue à la paupérisation des peuples indigènes et à l’exode rural.

En parallèle, l’extraction massive de plantes médicinales connues du monde entier sans les remettre en cultures entraine une baisse considérable des populations végétales en forêt. L’utilisation de ces plantes bénéficie largement aux laboratoires pharmaceutiques et non aux peuples primaires tels que les Shipibos. Bien qu’ils connaissent les propriétés des plantes, ils ne sont pas équipés pour transformer et conditionner les produits de la forêt. Ils sont alors mis en  marge du marché commercial.

De plus, cette exploitation suscite une baisse de la biodiversité représentant une grave menace pour les Shipibos.

En effet, ils ne trouvent plus les espèces végétales nécessaires à leur médecine traditionnelle, à l’artisanat, l’alimentation et la construction de leur habitat. Ils doivent donc les acheter à des personnes qui vont loin dans la forêt pour les trouver, ce qui représente un investissement monétaire trop important pour eux.

D’autre part, loin des centres urbains, ils ont peu d’opportunités économiques et d’accès à l’éducation primaire et secondaire. Beaucoup se voient donc obligés de rejoindre les centres urbains pour améliorer les conditions de vie de leurs familles et ils finissent dans les bidonvilles. Quarante bidonvilles shipibos se sont créés ces trente dernières années. A cela s’ajoute un processus d’érosion culturelle.

 

Face à ce constat très alarmant, l’association Cœur de Forêt a voulu agir pour proposer à trois communautés shipibos une alternative permettant de restaurer les milieux dégradés et la biodiversité et d’exploiter durablement les ressources naturelles tout en valorisant la pharmacopée traditionnelle.

Au sein de ces trois communautés, Cœur de Forêt travaille avec des associations locales. Au total, 80 familles sont concernées par le projet mais les différentes communautés shipibos maintiennent des liens forts entre elles notamment via la famille. Cela représente une opportunité de reproduction du projet à de nouvelles communautés.

 

Le premier principal objectif du 1er cycle de développement du projet Cœur de Forêt était la plantation de 20 000 arbres d’espèces forestières utiles ou/et à forte valeur économique grâce à un système agro-forestier par les communautés shipibos sur leur territoire.

 

Dans ces 20 000 plants on recense des espèces médicinales, des espèces fruitières, des espèces artisanales et du bois d’œuvre. Ces plantations dépendent d’un plan de reforestation précis élaboré par des équipes formées. Des pépinières communautaires ont été mises en place pour la production des plants. Certaines espèces très exigeantes ont été mises sous la charge de l’IIAP (l’Institut d’investigation de l’Amazonie péruvienne). Chaque communauté possède sa propre pépinière sous la responsabilité d’un technicien préalablement formé.

La pérennisation du projet se base sur la formation des participants.

Water Guardian
Transfert d’arbres depuis une pépinière

 

Le deuxième principal objectif du 1er cycle de développement était la mise en place de filière de commerce équitable avec les produits issus de ces plantations par les Shipibos pour répondre aux besoins écologiques et économiques : huiles essentielles, crèmes, lotions, résines, écorces et feuilles desséchées…

Pour réaliser cet objectif, la création d’un laboratoire avec alambic expérimental a eu lieu permettant la recherche, la transformation et le conditionnement de produits.

Des recherches dans les domaines scientifiques et traditionnels d’utilisation et de transformation des espèces ont été effectuées. Une étude de marché national et international a permis de connaître la demande et les opportunités de développement commercial.

Une coopérative a été mise en place dans la communauté de San Francisco pour assurer les quantités nécessaires.

Début 2009, la phase de production a commencé avec la première collecte de plants et la transformation se réalisant dans le laboratoire.

 

équipe de la distillationEquipe en charge de la distillation

Les produits de la filière sont conditionnés selon leur nature et leur destination. Ce travail est effectué en partenariat avec la société Forest People qui est aussi en charge de la commercialisation via les filières de commerce équitable. Après l’obtention des autorisations d’exportations, les exportations pilotes vers la France ont eu lieu fin 2010.

La labellisation filière équitable et biologique garantit l’éthique et la qualité des produits issus de ce projet.

En ce début 2011, le projet Cœur de Forêt Pérou débute une deuxième phase de développement avec entre autres:

  • Poursuite du programme de plantation d’arbres avec un objectif de 50 000 arbres,
  • Création d’un jardin botanique
  • Développement d’un projet d’éco tourisme avec création d’une gamme de produits commercialisés par les familles aux touristes (huiles de massages, parfums, lotions, etc.)
  • Equipement du centre de formation Cœur de Forêt Pérou Airatesh (informatique, équipement pour le labo, etc)

 

Pour plus d’informations sur le déroulement du projet (description de la formation, plants choisis, partenaires, etc) vous pouvez télécharger le dossier Cœur de Forêt Pérou sur http://www.coeurdeforet.com/plantations/perou-2008

 

L’association Cœur de Forêt en bref :

Cette association française a été créée en 2001. Elle a pour objectifs la protection et la valorisation des forêts primaires, ainsi que des peuples qui y habitent.

Elle agit en :

  • créant des forêts et des jardins communautaires
  • formant aux pratiques agro-forestières
  • installant des unités de transformation des produits de la forêt
  • commercialisant des produits de la forêt et créant des filières de commerce équitable

 

Les bénéficiaires des projets Cœur de Forêt sont les « Water Guardians » ou Gardiens de l’eau symbolisant l’importance des forêts dans le cycle de l’eau.

Depuis 2001, Cœur de Forêt est présente dans six pays : Madagascar, Cameroun, Sénégal, Pérou, Guyane et Brésil.

Il en résulte :

  • Plus de 130 000 arbres plantés
  • 6 coopératives ou associations créées
  • 4 gammes de produits des coopératives en cours de lancement

 

 

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